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A la une Déménagement
 

Comme vous avez pu le constater, mes articles se sont fait du plus en plus rares ses derniers temps. Pas le temps. Plus l'envie. J'ai des fourmis dans les jambes et le besoin de prendre l'air. Pour fêter cette nouvelle année, je prends donc le pas de Mickael et quitte allociné vers de nouveaux horizons.

Mais avant, comment ne pas vous remercier pour ses trois années passées sur allociné, à lire vos lignes, que ce soit lors de vos commentaires ou sur vos blogs respectifs. Merci aussi pour votre soutient qui m'a porté pendant tant d'années et m'a permise de vivre de très belles expériences. L'arrivée au Club 300. La rencontre avec quelques uns d'entre vous. Etre blog star et de ceux les mieux notés... Merci à Vincent, Jonathan, Anna, le doc et la grenouille, Platinoch et Sniff, Pl et Diane_Selwyn ainsi que ceux de l'ancienne génération qui ont déjà quitté le navire et tous les anonymes et autres qui lu mes quelques lignes.

J'espère donc vous revoir très vite sur mon nouveau blog, dont je vous donne toute suite l'adresse et où vous pourrez retrouver dès maintenant ma première critique de 2009 !


<< C'est maintenant ici >>

 
A la une Top 20 des meilleurs films de l'année 2008

L'année a été riche et éclectique, pleines de surprises et de déceptions, de tristesse face à l'hécatombe de décès, des jeunes Heath Ledger et Guillaume Depardieu aux plus grands tels que Sydney Pollack ou Cyd Charisse. Le top 20 a donc été particulièrement dur à réaliser même si la palme, revient comme l'année dernière, à l'un des meilleurs réalisateurs français de sa génération.

01  02 Haut et Court

03   04

05   06 StudioCanal

07   08

09   10

11   12 Affiche américaine. Paramount Pictures  13 Kristin Scott Thomas. Thierry Valletoux / UGC

14   15   16

17   18 Bac Films  19 Sophie Dulac Distribution

20 JML Distribution

 
A la une Rattrapages

Les vacances arrivent et je dois m'avouer vaincu. Je pars demain et ne reviens que le 03 janvier. Difficile donc pour moi de publier dans les jours à venir des critiques des prochaines sorties. Pour la deuxième fois cette année, je choisis la solution de facilité en vous proposant des minis critiques afin de vous décrire un peu mon ressentit envers certaines oeuvres. Désolé, donc... Je vous souhaite à tous beaucoup de plaisir dans les salles pour cette fin d'année et surtout de très bonnes fêtes. Je me reconnecterais quand même autour du 28 afin de vous donner mon classement de l'année. Joyeux noël.

> Burn after reading / Joel et Ethan Coen / 10 décembre 2008

Difficile pour les frères Coen de passer après No country for old men. C'est du moins le constat que l'on peut faire à la vision de Burn after reading, leur nouvelle oeuvre, qui souffre de la comparaison inévitable avec le premier. Ici, les deux frères renouent avec la comédie loufoque type Lady Killers et Intolérable cruauté autour d'une histoire abracadabrante mêlant agents secrets et salle de musculation. Le casting détonnant, Brad Pitt en tête, donne une énergie folle à un ensemble néanmoins un peu vain et qui laisse une petite sensation de déception. Divertissant, drôle mais assez éphémère.

> Sleep dealer / Alex Rivera / 10 décembre 2008

Quand on parle de film d'anticipation mexicain, on pense aux Fils de l'homme, de Cuaron. Mais quand le réalisateur n'a pas de moyens, ça donne Sleep dealer, sorte de série B non assumée totalement convenue et clichée. Alex Rivera part pourtant avec de bonnes bases, un sujet sensible et politique où les États-Unis, dans un futur proche, aurait réussit à fermer définitivement les frontières tout en gardant la main d'oeuvre mexicaine. La solution ? Passer par le numérique en branchant ces travailleurs à des machines virtuelles. Un trip à la eXistenZ mais qui avec un budget zéro et un mauvais scénario donne une sorte de Mutant X sans mutants. A éviter.

> Les plages d'Agnès / Agnès Varda / 17 décembre 2008

Continuant ce qu'elle avait entrepris avec Les glaneurs et la glaneuse, Agnès Varda se met une nouvelle fois en scène dans une autobiographique retraçant les moments et les rencontres marquantes de sa vie. Un portrait sous forme de puzzle où se croise Jim Morisson, Harisson Ford, Jean-Luc Godart et Jacques Demy, où les extraits de ses films se mêlent aux reconstitutions de sa vie et où, au milieu, Agnès Varda, du haut de ses "quatre-vingt balais" rythme le tout au son de sa douce voix. Un documentaire atypique qui passionnera les cinéphiles et les autres, en présentant aussi bien une histoire personnelle qu'un pan du cinéma français. Coup de coeur.

> L'oeil du mal / D.J Caruso / 24 décembre 2008 

Deux ans après Paranoiak, D.J Caruso revient sur le devant de la scène avec L'oeil du mal, nouvelle exploration contemporaine de l'univers d'Hitchcock. Le réalisateur revisite à sa manière l'atmosphère paranoïaque qui perdure aujourd'hui dans son pays en créant un nouvel ennemi invisible. Et le résultat est décapant. Malgré un duo assez improbable (Shia adulte ?!) mais qui fonctionne néanmoins, le film un divertissement grand public aux scènes d'actions plus qu'impressionantes. Reste le manque de surprise à partir de la révélation de l'identité des terroristes et qui gâche un peu le tout. Agréable, surtout en ses périodes de fêtes !

> Australia / Baz Lurhmann / 24 décembre 2008

Après le succès de Moulin Rouge, Baz Lurhmann revient avec une nouvelle oeuvre acidulée comme lui seul sait les faire. Australia est un film qui ne cherche jamais à innover du côté du scénario, préférant s'atteler à la mise en place d'une mise en scène kitsch reposant sur des effets spéciaux à vu. Effet garantit, Australia est une grand fresque qui se veut dans la lignée des classiques hollywoodiens, à la fois dense, drôle et émouvant, mettant en scène un beau duo d'acteurs. Et s'il ne devait rester qu'une scène, celle de la douche improvisée de Hugh Jackman à l'air libre s'imposerait d'office tant elle fait grimper rapidement la température. Second degré nécessaire donc pour ce film assez hors du commun qui en énervera plus d'un !

> Une fiancée pas comme les autres / Craig Gillespie

Sans conteste la bonne surprise de cette fin d'année. Une fiancée pas comme les autres est une oeuvre décalée qui arrive à dépasser l'absurdité de son scénario original. Un film qui fonctionne grâce à l'incroyable performance de Ryan Gosling qui prouve encore ici qu'il est l'un des acteurs les plus doués de sa génération. Un joli conte mêlant amour, tolérance et émotion, de quoi en séduire plus d'un en cette période de noël. Laissez-vous tenter !

> I feel good / Stephen Walker

Un émouvant documentaire qui suit la préparation du nouveau spectacle d'une chorale de personnes âgées où le réalisateur tire le portrait de plusieurs de ses membres de manière drôle et touchante. Un film qui interroge néanmoins sur la forme documentaire en elle-même et notamment sur les mises en scène documentaires, les chansons choisies racontant toujours ce que l'on vient de voir à l'écran. Exemple: l'un est malade, on chante Fix you, de Coldplay. Mais le film est tellement beau et semble tellement honnête que l'on aimerait ne pas y croire, même si un petit doute subsiste toujours. A découvrir.

> The spirit / Frank Miller

Déception de cette fin d'année. The spirit est un film fait par des mecs pour des mecs. Rien à se mettre sous la dent en tant que spectatrice. Ce film est ainsi une série B, pour le coup, totalement assumée qui repose malheureusement sur scénario creux et qui tourne à vide. Le but, faire voguer le héros entre une série de filles qui apparaissent à l'écran comme des vignettes. L'esthétique, qui faisait tout le charme de Sin City, n'est même plus belle ici. Reste le duo de méchants, incarnés par Samuel Lee Jackson et Scarlett Johansson, qui fonctionne à merveille, le côté looser du héros qui permet à Frank Miller de parodier ce genre et quelques scènes vraiment jubilatoires (la cérémonie nazie, le petit chat) qui font de ce The spirit un nanard pas totalement nul.

> Il divo / Paolo Sorrentino

Portrait assez culotté de Giulio Andreotti, l'un des représentants majeurs de la politique italienne contemporaine. Par une réalisation clipesque, jouant sur les effets de styles et une musique tonitruante, le réalisateur crée ici une biographie presque farcesque de cet homme mystérieux. Le rythme décapant permet de faire digérer l'aspect biopic du genre même s'il laisse parfois un peu sur le carreaux par des références et des histoires que nous ne connaissons pas. Une oeuvre surprenante qui arrive, lors de certaines séquences, à atteindre des sommets de virtuosité. Bravo. Notons aussi la formidable interprétation de Toni Servillo qui fait de ce Andreotti un nosferatu à la fois fascinant et repoussant.

 
A la une Je reviens !

Non... Je n'ai pas été ensevelie sous ma tonne de travail et de dvd. Je suis bien vivante et compte revenir très vite sur le blog. En attendant ce retour en fanfare, petit tour d'horizon sur tous les films que j'ai vu ses dernières semaines en salles grâce à la radio et dont la plupart débarqueront aussi vite en salle que sur le blog. En tout cas, préparez-vous bien, votre amie blogueuse a été contaminé par le phénomène Twilight... ça promet ! En quelques mots, de l'excellent avec Les plages d'Agnes et Il divo, de la réjouissance avec Australia, Burn after reading et Twilight, de l'émotion avec I feel good, Les trois singes et Une fiancée pas comme les autres, du divertissement imparable avec L'oeil du mal, du ratage avec Sleep dealer, de la déception avec The spirit et Le che et de la bonne surprise avec The club. A très vite, donc.

 
Twilight - Chapitre 1 : fascination - ma note pour ce film :

Année de production : 2008
A la une Comme une étoile dans la nuit / René Féret

JML Distribution- Sortie le 03 décembre 2008 -

L'histoire:

Alors qu'Anne et Marc ont décidé de faire un enfant, Marc découvre qu'il est atteint de la maladie de Hodgkin. Ce film n'est pas l'histoire d'une maladie, c'est l'histoire d'un amour, un amour qui fait échec à la tristesse et à la peur de la mort, un amour qui se nourrit de l'adversité pour se transformer en force véritable. Anne et Marc atteindront une joie insensée...

Anti P.S: I love you...

Difficile de faire de la nouveauté en proposant une oeuvre sur la condamnation d'un couple par la maladie de l'un d'entre eux. C'est pourtant le pari, osé, que s'est lancé René Féret, réalisateur atypique dans l'industrie du cinéma français, en partant d'une histoire vraie, celle de sa nièce. Comme une étoile dans la nuit, c'est donc l'histoire d'un couple, magnétique et insouciant, vivant leur amour sans se poser de questions dans une société où tout le monde se prend pourtant la tête à analyser les sentiments. Jusqu'au diagnostique, fatal, du médecin. Marc est atteint de la maladie d'Hodgkin et risque de ne pas s'en sortir. Là commence alors le doux combat de ses deux amoureux, qui au lieu de se laisser abattre décide de vivre leur histoire jusqu'au bout. Peut importe l'issue. Un sujet douloureux, donc, pour un film pourtant extremement humble et sensible. Car René Féret n'a à aucun moment voulu faire de Comme une étoile dans la nuit une oeuvre dégoulinant de pathos et de larmes. Son film repose ainsi sur une Salomé Stévenin et Nicolas Giraud. JML Distributionsuccession de saynettes où le réalisateur passe sous silence, de manière elliptique, tous les moments les plus durs afin de se recentrer sur le couple. Il en ressort une oeuvre bordée d'espérance, de joie et de peine, mais surtout, de vie qui donne une sensibilité hautement supérieur qu'à ce qu'on pouvait attendre. Au milieu de cette mise en scène minimaliste, un duo, Salomé Stevenin et Nicolas Giraud, qui, malgré un jeu sur le fil, donne une fraîcheur supplémentaire à l'oeuvre qui charme par ses faiblesses et ses petits défauts. Autant de tics qui rendent le film encore plus authentique pour, au final, une oeuvre vraiment surprenante, attachante et bouleversante.

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Comme une étoile dans la nuit - ma note pour ce film :
Réalisé par René Féret
Avec Salomé Stévenin, Nicolas Giraud, Jean-François Stévenin, ...
Année de production : 2008
A la une Baby blues / Diane Bertrand

Mars Distribution- Sortie le 26 novembre 2008 -

L'histoire:

Fabrizio est acousticien, Alex dirige le service marketing d'une grande marque de sous-vêtements. La quarantaine, ils forment un couple heureux, sans enfant, avec leur vieille chienne Esperanza. Poursuivant sa carrière tambour battant, Alex se voit proposer un poste à New York, pour reprendre, à son retour, la présidence de la filiale française. Sentant poindre en elle un désir d'enfant, elle se trouve face à un dilemme : la maternité lui semble incompatible avec l'avenir brillant qu'on lui prédit. Si elle accepte cette promotion, elle peut faire une croix sur son désir d'enfant. Elle tente de s'en ouvrir à Fabrizio qui fait la sourde oreille. Mais déstabilisé par les changements d'attitude d'Alex, Fabrizio lui cache toutes sortes de douleurs d'origines psychosomatiques qu'il commence à ressentir chaque fois qu'elle évoque le sujet. Sur les conseils de son ami médecin, il finit par se résoudre à aller voir une psychanalyste en le cachant soigneusement à Alex, psy qui s'avère être la même que celle qu'Alex consulte en secret depuis deux ans... Commence alors une série de quiproquos entre Alex, Fabrizio et France Laud, la psychanalyste, prise en otage par le couple.

Énième film de couple

Karin Viard et Stefano Accorsi. Mars DistributionNul besoin de chercher la nouveauté en allant voir Baby blues, énième comédie française sur un couple en crise dont l'issue est déjà connue de tous dès l'achat du ticket. L'histoire ? Celle de deux amoureux parfaitement épanouis, aussi bien sur le plan professionnel que relationnel, mais où la femme, Alex, rêve secrètement d'avoir un enfant. Surfant sur un des multiples sujets de société (le désir de progéniture et le tic-tac de l'horloge biologique), le long métrage accumule ainsi les situations attendues, des quiproquos convenus aux rebondissements peu surprenants. Un scénario facile et assez faible où la trame principale n'arrive pas à faire tenir le suspense sur la durée. Reste alors le duo d'acteurs, sympathique et attachant, et qui donne à ce long métrage une belle touche de fraîcheur et d'humour. La troisième roue du carrosse, Valérie Benguigui, est quand à elle absolument insupportable, comme, finalement, la majorité du temps. Au final, Baby blues est donc une comédie sentimentale comme il en sort beaucoup, ni désagréable, ni profondément exaltante, mais qui permet néanmoins de passer un bon moment au cinéma. On n'en attendait de toute façon pas plus...

Prix et festivals:

> Présentation au festival du film de Cabourg 2008: avant-première 



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Baby Blues - ma note pour ce film :
Réalisé par Diane Bertrand
Avec Karin Viard, Stefano Accorsi, Valérie Benguigui, ...
Année de production : 2007
A la une Hunger / Steve McQueen

Becker Films International- Sortie le 26 novembre 2008 -

L'histoire :

Prison de Maze, Irlande du Nord, 1981. Raymond Lohan est surveillant, affecté au sinistre Quartier H, celui des prisonniers politiques de l'IRA qui ont entamé le "Blanket and No-Wash Protest" pour témoigner leur colère. Le jeune Davey Gillen, qui vient d'être incarcéré, refuse de porter l'uniforme car il ne se considère pas comme un criminel de droit commun. Rejoignant le mouvement du Blanket Protest, il partage une cellule répugnante avec Gerry Campbell, autre détenu politique, qui lui montre comment communiquer avec l'extérieur grâce au leader Bobby Sands. Lorsque la direction de la prison propose aux détenus des vêtements civils, une émeute éclate. La violence fait tache d'huile et plus aucun gardien de prison n'est désormais en sécurité. Raymond Lohan est abattu d'une balle dans la tête. Bobby Sands s'entretient alors avec le père Dominic Moran. Il lui annonce qu'il s'apprête à entamer une nouvelle grève de la faim afin d'obtenir un statut à part pour les prisonniers politiques de l'IRA.

Caméra d'or et idées de génie

Becker Films InternationalS'il n'a rien à voir avec l'acteur du même nom, Steve McQueen peut en revanche prétendre à un talent aussi grand. Hunger est un premier film et il est impressionnant. Officiant dans le monde artistique depuis plusieurs années, exposant ses toiles animées et autres expériences visuelles dans les musées, le réalisateur n'est pas un amateur, se lançant dans cette aventure avec un sérieux bagage en main. Sa caméra, il la connaît par coeur, elle qui virevolte partout, se plaçant dans tous les endroits stratégiques pour des plans toujours plus pensés et analysés. Hunger transparaît ainsi comme une oeuvre extrêmement parfaite sur le plan artistique, le réalisateur se payant de luxe de toucher à tout dès sa première fois. La vidéo est pour lui un jeu et il ne cherche pas à le cacher. Caméra symboliste, gros plans outranciers, balayage en plongée sur un couloir souillé, Hunger est une véritable expérience cinématographique rien que sur le plan de la technique, elle qui trouve son acmé lors d'un plan séquence d'une vingtaine de minutes. C'est dire alors le coup qu'il nous assène au ventre en s'attachant le temps d'un scénario a dépeindre le combat acharné de quelques hommes pour leurs dignités...

Ballet des corps

Michael Fassbender. Becker Films International1981. Nous sommes dans la prison de Maze, en Irlande du Nord, où des prisonniers, membres de l'IRA, demandent en vain un statut politique. Mais comment avoir réellement du poids quand la seule arme qu'il nous reste est notre propre corps ? Hunger signifie en anglais la faim mais résonne à l'oreille plus comme un cri de rage. Celui que pousse ces hommes ci, condamnés à maltraiter leurs corps pour faire entendre leurs voix. Une sorte de recyclage de l'enveloppe charnelle par laquelle tous les moyens sont bons pour faire passer un message. Les mots sont mastiqués, digérés, expulsés et récupérés. Les excréments réutilisés en peinture de guerre pour couvrir les murs des cellules. Le refus de l'hygiène devient une rébellion. Celui de mettre un uniforme aussi. Ainsi commence Hunger, dans ses enceintes aux murs marrons, parmi ses hommes aux cheveux poisseux et barbes longues. Au centre, les corps des prisonniers font face à ceux des gardiens. Blessures aux mains contre visages boursouflés, c'est à celui qui restera le plus digne. Durant toute sa première partie, l'oeuvre s'apparente ainsi presque à un film muet où les ballets des corps et les assemblages de plans remplaceraient les dialogues. Les coups résonnent. Les cris sont forts. La bataille, elle, semble s'ensevelir. Steve McQueen en profite alors pour nous happer totalement dans cette spirale infernale, silencieuse mais pourtant bruyante, afin de nous réveiller en sursaut par une claque bien réelle. Celle d'un plan séquence extrêmement bavard d'une vingtaine de minutes, où les motivations et le personnage de Bobby Sands, leader de ses prisonniers, se révéleront enfin à nous. Ce dialogue avec le prêtre Moran, Steve McQueen le met en scène comme un match de ping pong filmé par une caméra immobile. Notre regard passe de l'un à l'autre, la tension se fait de plus en plus latente tandis que le dialogue, lui, semble vouloir nous perdre dans des réflexions métaphysiques et religieuses. Quelques mots surgiront alors de ce brouhaha, comme ceux qui expliqueront les intentions de Sands et son envie de livrer un dernier combat: entamer une grève de la faim à durée indéterminée afin de faire céder Thatcher... Une grève comme une sorte de retour aux sources, le corps comme arme reprenant le dessus sur les mots inutiles. Là commencera alors la deuxième partie du film où sous nos yeux ahuris, Michael Fassbender - incarnant Bobby Sands, donc -, véritable révélation du film, donnera de sa personne au point de se transformer progressivement en squelette. La fiction, elle, se laissera souvent débordé par la réalité, tant notre inquiétude croissante ira aussi bien pour le personnage que pour l'acteur principal. Un acteur ou plutôt des acteurs, qui, pour ce long métrage auront absolument tout donné, Steve McQueen ayant voulu pousser l'expérience jusqu'au bout afin de trouver le réalisme le plus parfait. Quitte à faire donner de vrais coups lors des rares prises ! Jusqu'où irait-on pour l'art ?

Protégé par le recul

Becker Films InternationalHunger est donc sur bien des plans une véritable expérience cinématographique au point que notre seule manière d'y survivre est de prendre du recul. Car aussi choque qu'il se veut être, ce long métrage kidnappe véritablement le spectateur en le mettant face aux images les plus répugnantes. Les plans se suivent, tous plus affreux les uns que les autres, au point qu'il est réellement impossible de rester totalement devant cette fiction. Prisonnier de notre propre corps - tout comme ils l'étaient à l'époque -, il ne nous reste alors plus que l'envie de rêver, tout en cherchant par tout les moyens possible à sortir de notre coquille. Tant et si bien que l'on finit par décrocher mentalement alors que nos yeux, eux, restent totalement scotchés à l'écran par la violence des images. Hunger est donc bien le coup de poing annoncé par toutes les critiques tant le film se révèle être aussi indispensable sur le plan artistique et cinématographique que dérangeant par cette mise à l'épreuve du spectateur. Un malaise ressentit par cette esthétisation du dégoût tant Steve McQueen tend à rendre beau la moindre chose répugnante, le tout enrobé par une réalisation somme toute parfaite et maîtrisée. Un film qui, s'il laisse divisé, ne peut néanmoins laisser indifférent. Un ogre qui ne joue pas dans la même catégorie que la plupart des longs métrages de cette année et dont les étoiles, à ses cotés, semblent plus que factices vu la puissance de ce tout, à la fois repoussant et fascinant...

Prix et festivals:

> Présentation au festival international de Cannes 2008: Prix de la caméra d'or

> Présentation au festival du film britannique de Dinard 2008: Coup de coeur de l'association La règle du jeu

> Présentation au festival Paris cinéma 2008: hors compétition

> European film awards 2008: Nominations meilleur réalisateur (Steve McQueen), meilleur acteur (Michael Fassbender)



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Hunger - ma note pour ce film :

Année de production : 2008
A la une Les sorties du 19 novembre 2008

Comme Sniff, je souffre cette semaine d'un retard considérable au niveau de mes critiques qui ne me permet pas d'avancer comme je le souhaiterais. Pour l'occasion, j'ai donc recours à une technique draconienne: le résumé de critiques et récapitulatif des sorties. N'aimant pas particulièrement le procédé, j'essayerais néanmoins dans les jours à venir de mettre en ligne de vraies critiques constructives sur ses mêmes films. Voici donc la liste des sorties du 19 novembre, en attendant dans quelques heures (ou plutôt jours, même si je ne préférerais pas) les nouvelles critiques du 26 novembre (soit Hunger et Johnny Mad dog). Enjoy.

Gerard Butler et Idris Elba. StudioCanal

ROCKNROLLA / GUY RITCHIE

Dans la veine de ses films précédents, Guy Ritchie, ex-monsieur Madonna, revient sur le devant de la scène avec une oeuvre purement jubilatoire. Rocknrolla est ainsi un grand concentré de folie douce et de bonheur en boite où une vieille génération d'escrocs va se retrouver confronter à une concurrence plus jeune, issue d'Angleterre comme des pays de l'Est. De quoi laisser place à une histoire assez complexe que le réalisateur prend soin de démêler par une voix-off incessante et à quelques scènes assez hilarantes, comme une course poursuite infernale. Le résultat, lui, est à la hauteur de nos attentes, Guy Ritchie retrouvant le souffle de ses premiers films et jouant de manière assez drôle avec la carrure et le physique de ses acteurs. C'est le cas de Gérard Butler, nouvelle coqueluche de ses dames (dont je fais partie) et qui brisera ici le mythe, le temps de quelques scènes. Efficace et assez drôle.

Vinessa Shaw et Joaquin Phoenix. Wild Bunch Distribution

TWO LOVERS / JAMES GRAY

Un an seulement après La nuit nous appartient, James Gray revient avec Two lovers où il retrouve (pour la dernière fois ?) son acteur fétiche Joaquin Phoenix. Loin des bas fonds de ses films précédents, Two lovers est ainsi une bluette comme le cinéma en fait rarement, construit dans les rues froides d'un New York hivernal. La force du scénario vient d'une mise en parallèle entre les symptômes de la maladie de Leonard, la maniaco-depression, et les sentiments que l'on peut ressentir lors de la naissance d'un amour. On ne voit que ce que l'on veut voir de l'autre. On s'imagine des choses. Notre humeur change sans cesse... Une maladie bipolaire pour un homme et deux femmes, de quoi créer une histoire forte et pleine d'émotions. Joaquin Phoenix, quand à lui, donne une profondeur incroyable à son personnage en lui insufflant un petit grain de folie nécessaire à la naissance de la romance. Un film dont l'on ressort totalement bouleversé, "le coeur sec et les yeux gonflés" tant James Gray, par son talent et sa patte, présente ici un film fascinant et touchant. Du grand art par excellence...

Barbara Sarafian et Jurgen Delnaet. Bac Films

MOSCOW, BELGIUM / CHRISTOPHE VAN ROMPAEY

COUP DE COEUR. Autre romance, autre histoire. Comme à la manière de Two Lovers, Moscow, Belgium met en scène la naissance d'une histoire d'amour dans un paysage peu ordinaire dans l'imagerie cinématographique. Nous sommes ici dans une banlieue pauvre de Belgique où Matty, une mère célibataire de trois enfants, rencontre accidentellement Johnny (au sens propre comme au figuré). Moscow, Belgium est ainsi un film sensible et plein de tendresse où deux âmes en peine vont se rencontrer pour notre plus grand bonheur. Les deux acteurs, incroyables, portent ce film avec une vitalité et un entrain tel qu'il est impossible d'y rester insensible. Un vrai coup de coeur, gorgé d'émotions, de drôlerie et de finesse pour un film frais et qui fait du bien.

Antoine de Maximy. Walt Disney Studios Motion Pictures France

J'IRAI DORMIR A HOLLYWOOD / ANTOINE DE MAXIMY

Que l'on connaisse on non son émission, Antoine de Maximy est un homme qu'il faut suivre une fois dans sa vie. Du moins, à travers un écran. J'irai dormir à Hollywood est un road movie à la française où ce baroudeur incroyable décide de traverser les Etats-Unis pour rencontrer la population et essayer, au final, à se faire inviter par une star. Équipé de deux caméras, il se met lui même en scène à travers des rencontres toutes plus extravagantes les unes que les autres, de cette famille d'Amish aux navajos du Nevada. Un procédé de mise en scène qui permet de s'attacher immédiatement au personnage et de vivre pleinement ses aventures avec lui. Ainsi, la peur comme la joie nous envahit sans cesse pour un film totalement atypique, plein d'espoir, de bonne humeur et de fraîcheur. Sans aucun doute l'ovni de la semaine.

= Au final, quatre films assez exceptionnels, auquel s'ajoute le nouveau Mesrine qui ne m'avait, lui, pas convaincu pour une semaine riche et ecclectique !

 
Moscow, Belgium - ma note pour ce film :

Année de production : 2008
Cinéma Miracolo / 2e édition

Comme l'a dit très justement Anna sur son blog, les festivals semblent pulluler sur les blogs des internautes. Celui de l'histoire chez la même Anna, celui du film italien chez Sib ou récemment, celui du festival Gay et Lesbien chez Jonathan. Grâce à Cinemaniac, j'ai quand à moi gagné un badge pour participer au festival du film italien qui se déroule depuis mercredi à Paris. Drôle de coïncidence, la plupart des films présentés sont ceux que critique en ce moment Sib. Petit tour d'horizon sur les différentes compétitions et les différents films que j'essayerais de présenter à mon tour ici.

En compétition:

  • PA-RA-DA / Marco Pontecorvo

  • ASPETTANDO IL SOLE / Ago Panini

  • LASCIA PERDERE, JOHNNY ! / Fabrizio Bentivoglio

  • MAR NERO / Federico Bondi

  • IL DOLCE E L'AMARO / Andrea Porporati

  • IL RESTO DELLA NOTTE / Francesco Munzi

  • RIPRENDIMI / Anna Negri

Succès 2008:

  • LA GIUSTA DISTANZA / Carlo Mazzacurati

  • LEZIONI DI CIOCCOLATO / Claudio Cupellini

  • TUTTA LA VITA DAVANTI / Paolo Virzi

  • GIORNI E NUVOLE / Silvio Soldini

Retrospective Marco Ferreri:

  • LE LIT CONJUGAL

  • LE MARI DE LA FEMME A BARBE

  • LA GRANDE BOUFFE

  • TOUCHE PAS A LA FEMME BLANCHE

  • CONTE DE LA FOLIE ORDINAIRE

  • LA CARNE

Rossellini 77':

  • LE CENTRE GEORGES POMPIDOU

  • LE COLLOQUE DE CANNES 1977

  • ROSSELLINI AU TRAVAIL

Redécouverte des maîtres:

  • LE DIABLE ET LE POLICHINELLE

Séances spéciales – lauréats 2008 des court métrages:

  • POP CORN FREE ZONE / Tommaso Lipari

  • SHEN TI / Paolo Lipari

  • LACREME NAPULITANE / Francesco Satta

  • GIGANTI / Fabio Mollo

  • IL SUPPLENTE / Andrea Jublin

  • LA SVEDESE / Nicolas Liguori

 
Vilaine / Jean-Patrick Besnes et Allan Mauduit

- Sortie le 12 novembre 2008 -

L'histoire:

Mélanie est une fille trop gentille. Sa mère, son patron, ses copines, sa voisine et même le chien de sa voisine le savent... et en profitent. Un jour, suite à une ultime humiliation, Mélanie décide de changer. Désormais elle va se venger de tout ceux qui lui ont pourri la vie. Sauf que la méchanceté, ça ne s'apprend pas en deux jours, surtout quand on a été une gentille fille toute sa vie...

Anti Amélie Poulain

Vendu comme "la meilleure comédie de l'année", Vilaine se présente comme un anti Amélie Poulain où une jeune femme, gentille comme tout, décide de devenir méchante afin de se venger de ceux qui lui veulent du mal. Un postulat intéressant qui pouvait prêter au rire si les scénaristes ne s'étaient pas appuyés sur des gags un peu faciles. Car Vilaine est un film qui joue sur les clichés, Mélanie passant d'étapes en étapes afin de devenir la vraie méchante qu'elle ne sera finalement jamais. Un chat dans une poubelle. Une voiture esquintée. Une promenade affreuse pour le chien de la voisine... Les petits délits s'enchaînent, de façon plus ou moins drôles, alors que la vilaine, elle, n'arrivera jamais totalement à nous convaincre. On aurait aimé du sang, des larmes et des sourires en coin, Mélanie n'est en fait qu'une petite joueuse qui ne rêve que de sauver ses petits vieux de la maison de retraite. Les gags, eux,  peinent à faire rire totalement tant la plupart sont constamment soulignés (redondance de certaines situations, notamment la perruque de PEF) ou appuyés par un jeu explicitement outrancier. La petite touche d'humour inattendue viendra néanmoins des multiples références cinéphiles telle cette hilarante Nuit des morts vivants version seniors. Le chef d'oeuvre Jeunet a été, lui, disséqué sous toutes ses coutures, que ce soit la coupe de cheveux, le job, la voix-off ou simplement le nom de l'héroïne, parfois de façon plus ou moins intelligente, même si Amélie semble rabaissée à n'être qu'une héroïne insipide !

Ajustement...

Marilou Berry. SNDPourtant, aussi dure que puisse paraître ma critique, Vilaine reste une comédie parfois assez drôle et divertissante. Cela, grâce à l'engouement d'un casting éclectique, de l'hilarant PEF à Frédérique Bel, géniale en bitch de service, en passant par Joséphine de Meaux que l'on avait adoré dans Nos jours heureux. Marilou Berry et Thomas N'Gijol sont, eux, extrêmement attachants, permettant à l'intrigue de prendre une dimension attendrissante. On aurait aimé néanmoins que la critique sociale soit traiter de façon un peu moins légère, même si, on s'en doute bien, là n'est pas l'envie des réalisateurs. Vilaine est, donc, une comédie moyenne, même si franchement jubilatoire par moments. C'est le cas de l'inscription de l'une des filles à des jeux un peu intellectuels, laissant le champ à quelques moments de fou rires. Un divertissement assez sympathique, sans être extraordinaire, mais qui vous permettra de passer un moment agréable au cinéma sans se prendre la tête.



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Vilaine - ma note pour ce film :
Réalisé par Jean-Patrick Benes, Allan Mauduit
Avec Marilou Berry, Frédérique Bel, Pierre-François Martin-Laval, ...
Année de production : 2007
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