Les vacances arrivent et je dois m'avouer vaincu. Je pars demain et ne reviens que le 03 janvier. Difficile donc pour moi de publier dans les jours à venir des critiques des prochaines sorties. Pour la deuxième fois cette année, je choisis la solution de facilité en vous proposant des minis critiques afin de vous décrire un peu mon ressentit envers certaines oeuvres. Désolé, donc... Je vous souhaite à tous beaucoup de plaisir dans les salles pour cette fin d'année et surtout de très bonnes fêtes. Je me reconnecterais quand même autour du 28 afin de vous donner mon classement de l'année. Joyeux noël.

> Burn after reading / Joel et Ethan Coen / 10 décembre 2008 
Difficile pour les frères Coen de passer après No country for old men. C'est du moins le constat que l'on peut faire à la vision de Burn after reading, leur nouvelle oeuvre, qui souffre de la comparaison inévitable avec le premier. Ici, les deux frères renouent avec la comédie loufoque type Lady Killers et Intolérable cruauté autour d'une histoire abracadabrante mêlant agents secrets et salle de musculation. Le casting détonnant, Brad Pitt en tête, donne une énergie folle à un ensemble néanmoins un peu vain et qui laisse une petite sensation de déception. Divertissant, drôle mais assez éphémère.

> Sleep dealer / Alex Rivera / 10 décembre 2008 
Quand on parle de film d'anticipation mexicain, on pense aux Fils de l'homme, de Cuaron. Mais quand le réalisateur n'a pas de moyens, ça donne Sleep dealer, sorte de série B non assumée totalement convenue et clichée. Alex Rivera part pourtant avec de bonnes bases, un sujet sensible et politique où les États-Unis, dans un futur proche, aurait réussit à fermer définitivement les frontières tout en gardant la main d'oeuvre mexicaine. La solution ? Passer par le numérique en branchant ces travailleurs à des machines virtuelles. Un trip à la eXistenZ mais qui avec un budget zéro et un mauvais scénario donne une sorte de Mutant X sans mutants. A éviter.

> Les plages d'Agnès / Agnès Varda / 17 décembre 2008 
Continuant ce qu'elle avait entrepris avec Les glaneurs et la glaneuse, Agnès Varda se met une nouvelle fois en scène dans une autobiographique retraçant les moments et les rencontres marquantes de sa vie. Un portrait sous forme de puzzle où se croise Jim Morisson, Harisson Ford, Jean-Luc Godart et Jacques Demy, où les extraits de ses films se mêlent aux reconstitutions de sa vie et où, au milieu, Agnès Varda, du haut de ses "quatre-vingt balais" rythme le tout au son de sa douce voix. Un documentaire atypique qui passionnera les cinéphiles et les autres, en présentant aussi bien une histoire personnelle qu'un pan du cinéma français. Coup de coeur.

> L'oeil du mal / D.J Caruso / 24 décembre 2008 
Deux ans après Paranoiak, D.J Caruso revient sur le devant de la scène avec L'oeil du mal, nouvelle exploration contemporaine de l'univers d'Hitchcock. Le réalisateur revisite à sa manière l'atmosphère paranoïaque qui perdure aujourd'hui dans son pays en créant un nouvel ennemi invisible. Et le résultat est décapant. Malgré un duo assez improbable (Shia adulte ?!) mais qui fonctionne néanmoins, le film un divertissement grand public aux scènes d'actions plus qu'impressionantes. Reste le manque de surprise à partir de la révélation de l'identité des terroristes et qui gâche un peu le tout. Agréable, surtout en ses périodes de fêtes !

> Australia / Baz Lurhmann / 24 décembre 2008 
Après le succès de Moulin Rouge, Baz Lurhmann revient avec une nouvelle oeuvre acidulée comme lui seul sait les faire. Australia est un film qui ne cherche jamais à innover du côté du scénario, préférant s'atteler à la mise en place d'une mise en scène kitsch reposant sur des effets spéciaux à vu. Effet garantit, Australia est une grand fresque qui se veut dans la lignée des classiques hollywoodiens, à la fois dense, drôle et émouvant, mettant en scène un beau duo d'acteurs. Et s'il ne devait rester qu'une scène, celle de la douche improvisée de Hugh Jackman à l'air libre s'imposerait d'office tant elle fait grimper rapidement la température. Second degré nécessaire donc pour ce film assez hors du commun qui en énervera plus d'un !

> Une fiancée pas comme les autres / Craig Gillespie 
Sans conteste la bonne surprise de cette fin d'année. Une fiancée pas comme les autres est une oeuvre décalée qui arrive à dépasser l'absurdité de son scénario original. Un film qui fonctionne grâce à l'incroyable performance de Ryan Gosling qui prouve encore ici qu'il est l'un des acteurs les plus doués de sa génération. Un joli conte mêlant amour, tolérance et émotion, de quoi en séduire plus d'un en cette période de noël. Laissez-vous tenter !

> I feel good / Stephen Walker 
Un émouvant documentaire qui suit la préparation du nouveau spectacle d'une chorale de personnes âgées où le réalisateur tire le portrait de plusieurs de ses membres de manière drôle et touchante. Un film qui interroge néanmoins sur la forme documentaire en elle-même et notamment sur les mises en scène documentaires, les chansons choisies racontant toujours ce que l'on vient de voir à l'écran. Exemple: l'un est malade, on chante Fix you, de Coldplay. Mais le film est tellement beau et semble tellement honnête que l'on aimerait ne pas y croire, même si un petit doute subsiste toujours. A découvrir.

> The spirit / Frank Miller 
Déception de cette fin d'année. The spirit est un film fait par des mecs pour des mecs. Rien à se mettre sous la dent en tant que spectatrice. Ce film est ainsi une série B, pour le coup, totalement assumée qui repose malheureusement sur scénario creux et qui tourne à vide. Le but, faire voguer le héros entre une série de filles qui apparaissent à l'écran comme des vignettes. L'esthétique, qui faisait tout le charme de Sin City, n'est même plus belle ici. Reste le duo de méchants, incarnés par Samuel Lee Jackson et Scarlett Johansson, qui fonctionne à merveille, le côté looser du héros qui permet à Frank Miller de parodier ce genre et quelques scènes vraiment jubilatoires (la cérémonie nazie, le petit chat) qui font de ce The spirit un nanard pas totalement nul.

> Il divo / Paolo Sorrentino 
Portrait assez culotté de Giulio Andreotti, l'un des représentants majeurs de la politique italienne contemporaine. Par une réalisation clipesque, jouant sur les effets de styles et une musique tonitruante, le réalisateur crée ici une biographie presque farcesque de cet homme mystérieux. Le rythme décapant permet de faire digérer l'aspect biopic du genre même s'il laisse parfois un peu sur le carreaux par des références et des histoires que nous ne connaissons pas. Une oeuvre surprenante qui arrive, lors de certaines séquences, à atteindre des sommets de virtuosité. Bravo. Notons aussi la formidable interprétation de Toni Servillo qui fait de ce Andreotti un nosferatu à la fois fascinant et repoussant.